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Points de vues de Turquie, d'Arménie et de la Diaspora
Traduction intégrale en turc, arménien, anglais et français

 

Les Kurdes dans le processus de réconciliation arméno-turc

 
 
  Point de vue de Turquie

Les Kurdes dans le processus de réconciliation arméno-turc

Bilgin Ayata

 

 
Bilgin Ayata

Département de sociologie politique, Université de Bâle, Suisse

 

Dans cet article, Bilgin Ayata soutient que les problématiques telles que le Génocide arménien et la violence contre les Kurdes et les Alévis doivent être vues de manière rapprochée et non séparée. À l’inverse de nombreux observateurs qui traitent le génocide arménien comme un problème du passé et le conflit kurde comme un problème du présent ― opérant de fait une « compartimentation » et une « dissociation » des crimes d’État » ― elle estime « incompréhensible que les questions kurdes et arméniennes soient traitées séparément l’une de l’autre ». Elle propose ainsi une autre vision sur la violence d’État contre les Arméniens, les Kurdes, les Alévis et d’autres groupes persécutés en Turquie. Enfin, elle explique pourquoi la formulation et le contenu des actions de la société civile menées par des activistes Kurdes concernant le génocide arménien sont si radicalement différents de ceux de leurs homologues turcs bien plus reconnus.

Un siècle après le génocide arménien, suivi de sa négation persistante par l’État turc, un intérêt notable pour le passé et le présent arménien s’est fait jour en Turquie tant dans la société civile que dans le monde universitaire, accompagné par différentes initiatives de réconciliation officielles ou citoyennes. Les observateurs ont suggéré que cette confrontation croissante de la Turquie avec son passé refoulé était l’effet de sa candidature à l’Union européenne, des réformes démocratiques des années 2000 ainsi que de l’onde de choc parmi les segments progressistes de la société turque de l’assassinat en 2007 du journaliste arménien Hrant Dink. J’affirme qu’il s’agit là d’une analyse erronée, aveugle à la force transformatrice du mouvement kurde qui, depuis les années 1980, n’a cessé d’attaquer le négationnisme turc. Cette erreur de vue fait écho à la tromperie fondamentale qui sous-tend les débats actuels sur l’attitude de la Turquie à l’égard de son passé – à savoir la compartimentation et la dissociation de crimes d’État qui sont en fait corrélés. Un étrange aspect des débats de réconciliation dans la Turquie contemporaine est la coexistence de différents processus de réconciliation qui se déroulent complètement isolément les uns des autres. À l’instar du génocide arménien, d’autres sujets écartés des récits officiels de l’État, tels que la violence contre les Kurdes et les Alévis, se sont imposés dans le débat public sans pourtant que ces problématiques soient rapprochées. C’est d’autant plus surprenant que des pratiques d’État associées au génocide, telles que la déportation et la dépossession de minorités, ont non seulement perduré sous la République mais constituent – avec l’assimilation forcée – des éléments clés de la constitution de la nation turque. Après la fondation de la République turque, en 1923, les Kurdes et les Alévis ont subi à leur tour ces pratiques, tandis que les restants des communautés arméniennes et grecques de Turquie faisaient l’objet de pogroms et de déportations récurrents jusqu’à la fin des années 1950. Jusqu’en 1991, l’existence même d’une identité kurde était officiellement niée et l’usage de la langue kurde interdit. Étant donné que les Kurdes constituaient environ 20% de la population turque, l’appareil d’État entier, de l’armée au système scolaire, durent être mis à contribution pour réprimer la culture et l’identité kurdes.

Avec la formation, en 1978,  du Partiya Karkerên Kurdistan (PKK), le Parti des travailleurs du Kurdistan, et sa lutte armée contre cette répression, le conflit kurde – comme on le désigne aujourd’hui – a depuis dominé l’agenda politique de la Turquie, remettant profondément en question la politique négationniste du pays. La lutte kurde a forcé l’État à réviser sa politique. En 1991, le président Süleyman Demirel reconnaissait officiellement l’existence des Kurdes – un tournant dans l’histoire de la Turquie moderne. Bien que cette reconnaissance fut suivie d’une répression accrue des Kurdes avec l’expulsion par les forces de sécurité gouvernementales d’un à trois millions de Kurdes de leurs foyers et d’autres graves violations des droits humains, le génie était désormais sorti de la lampe : l’idéologie d’État fondée sur le mythe d’un État-nation turc homogène était irréversiblement fissuré, permettant de poursuivre la remise en question des mythes et pratiques nationalistes. Si cette contestation réussie du négationnisme officiel par le mouvement kurde n’est pas la seule explication de la forte poussée d’intérêt pour le questionnement de l’histoire officielle, il est incompréhensible que les questions kurdes et arméniennes soient traitées séparément l’une de l’autre lors des réexamens actuels de l’identité et de l’histoire nationales entrepris par les segments libéraux de la société civile. J’affirme que cela est dû à une tendance des universitaires et de la société civile à traiter le génocide arménien comme un problème du passé et le conflit kurde comme un problème du présent. Or une telle compartimentation occulte la question complexe mais essentielle des ruptures et des continuités dans les paroles et les actes de l’État turc.

Quoique la chronologie, l’étendue et les pratiques de violence d’État contre les Arméniens, les Kurdes, les Alévis et d’autres groupes persécutés puissent varier, ces groupes partagent un assujettissement aux politiques négationnistes de la République turque. Mais alors que la négation officielle du génocide arménien et de l’identité kurde est un fait connu au niveau international, le déni de la violence de masse exercée contre les Alévis, comme le génocide du Dersim en 1938, n’a reçu d’attention que très récemment en Turquie même. La politique gouvernementale de négation des populations non turques et non sunnites a entraîné diverses revendications pour la reconnaissance, la justice et l’égalité institutionnelle parmi les groupes réprimés mais la question de savoir comment les traiter et  y répondre n’est posée que sous forme de négociations parallèles et dissociées. Je suggère que la compartimentation de ces différents problèmes constitue le point faible central des rhétoriques de réconciliation actuelles. J’affirme également que cette compartimentation n’est ni accidentelle ni arbitraire mais au contraire dans la continuité d’une idéologie nationaliste turque dont les principes ont toujours efficacement présenté ce nationalisme et sa violence comme une réaction à plutôt qu’une cause des « problèmes » arméniens et kurdes.

La description des minorités comme des « problèmes » distincts s’est tellement normalisée avec le temps que même les approches critiques d’aujourd’hui parmi les intellectuels turcs ou les universitaires post-nationalistes la reflètent. Une explication possible de cela est qu’un tel traitement compartimenté de ces « problèmes » perpétue efficacement les asymétries de pouvoir résultant du génocide, de la déportation, de la dépossession et du négationnisme subis par ces populations en Turquie. Il consolide l’ascendant des intellectuels et interlocuteurs turcs en tant qu’acteurs principaux du processus de réconciliation tout en réduisant les intellectuels des groupes défavorisés à leurs positions assujetties particulières et précaires. L’omission des Kurdes du processus de réconciliation turco-arménien illustre clairement ce point. Bien que les intellectuels, activistes et organisations kurdes aient parlé du génocide arménien de multiples façons bien avant que la question n’apparaisse dans l’espace public turc, leur contribution n’est guère reconnue ni représentée dans les débats de la société civile, pas plus que dans l’analyse universitaire en Turquie ou au-delà. La mise à l’écart de cette contribution signifie non seulement une analyse incomplète mais surtout une occasion manquée de réfléchir à des approches alternatives vers la réconciliation.

À la différence des initiatives populaires de la société civile turque invoquées dans le contexte d’assouplissements du négationnisme politique à l’égard du génocide – telles que la conférence sur les Arméniens ottomans à l’université Bilgi d’Istanbul en 2005, la campagne pour le Pardon de 2008 et les commémorations du 24 avril qui se tiennent depuis 2010 sur la place Taksim – les acteurs kurdes du dialogue se font les porte-parole des revendications d’acteurs arméniens notoirement absents du processus de réconciliation, telles que les réparations territoriales, la reconnaissance officielle du génocide et d’autres aspects d’une réconciliation fondée sur la justice. En revanche, les intellectuels turcs promouvant activement la réconciliation turco-arménienne ont écarté la question de la restitution et de la justice comme obstacles au processus, critiquant les organisations de la diaspora arménienne qui les réclament. En se positionnant comme médiateurs et interlocuteurs entre l’État turc et la société, les intellectuels turcs ont endossé un rôle délicat dans les processus de réconciliation, s’efforçant d’aider l’État et la société à sortir de l’impasse dans laquelle le négationnisme primaire les avait menés. Mais au lieu de soutenir de façon proactive les revendications des Kurdes et des Arméniens, les intellectuels de la scène turque se sont inscrits dans le sillage du discours officiel, soucieux d’éviter autant que possible à leur nation les dommages collatéraux que causeraient une quête de la justice, de la reconnaissance et de la vérité.

Au contraire, les efforts des intellectuels et organisations kurdes pour affronter la question du génocide arménien ne se préoccupent pas de ce à quoi la société turque est prête ou non à faire face. Leurs initiatives de réconciliation sont fortement façonnées par la violence et l’injustice qu’eux-mêmes ont subies de la part de l’État turc. Au cours de la transition d’Empire à République, la position des Kurdes vis-à-vis de l’État a changé. De loyaux sujets de l’Empire ottoman ayant activement participé aux massacres et à la dépossession des Arméniens, les Kurdes sont devenus les nouveaux ennemis intérieurs de la République, qui les a transformés de bourreaux en victimes.

Au cours de sa lutte contre la négation et la répression, le mouvement kurde de Turquie a promu une transformation de la société turque grâce à une vision émancipatoire de la politique fondée sur un sens supérieur de la justice, du pluralisme et de la démocratie radicale. La façon dont les acteurs kurdes de la réconciliation se positionnent par rapport à la complicité des Kurdes dans le génocide constitue le test décisif de la crédibilité et la viabilité de cette vision politique. C’est pourquoi la formulation et le contenu des actions de la société civile menées par des activistes Kurdes concernant le génocide arménien sont si radicalement différentes de celles de leurs homologues turcs bien plus reconnus. La restitution de terres effectuée par l’intellectuel Berzan Boti en mai 2008 en est un important exemple, illustrant la différence de contenu et de formulation des efforts de réconciliation kurdes. Boti est un écrivain kurde originaire de Siirt qui a passé onze années enfermé comme prisonnier politique à la tristement célèbre prison de Diyarbakir avant d’être libéré en 1991. Lorsqu’il s’est penché sur l’histoire de son village et du génocide arménien, il a découvert que les propriétés foncières de sa famille avaient auparavant appartenu à des Assyriens. Ses ancêtres les avaient confisquées pendant le génocide de 1915. En 2007, Boti a annoncé publiquement dans sa chronique pour un magazine en ligne kurde qu’il allait rendre ces terres à leurs propriétaires légitimes. Ayant ensuite découvert qu’ils avaient tous été tués pendant le génocide, il décida de transférer les titres de propriété au Seyfo Center aux Pays-Bas, une organisation assyrienne qui milite internationalement pour la reconnaissance du génocide assyrien. Boti a pris contact avec l’organisation et le transfert de propriété fut signé en octobre 2008.

En mai 2009, la cérémonie de transfert de propriété eut lieu au parlement de Stockholm en présence de Boti et des représentants de différentes organisations assyriennes. Pour la première fois, les questions de rétrocession et de restitution de terres en Turquie suite au génocide arménien entraient dans le cadre d’un geste d’excuse qui passait des paroles aux actes. L’initiative de Boti constituait un exemple historique frappant d’une expression de regret et d’un acte de réconciliation basés sur la justice. Pourtant, bien qu’inédit, ce geste fut ignoré à la fois par les médias et par le public turcs. Au contraire, la campagne pour le pardon initiée par les intellectuels turcs quelques mois plus tard reçut une attention nationale et internationale considérable bien que vivement critiquée pour sa portée limitée, sa terminologie et son échec à s’adresser aux victimes. En fait, le texte de la campagne pour le pardon ne contenait même pas le mot « génocide » et employait plutôt le terme büyük felaket (Grande catastrophe), évitant ainsi la reconnaissance du crime. Cela poussa d’ailleurs un groupe d’intellectuels kurdes à publier une déclaration critique intitulée : « Il ne s’agit pas d’une catastrophe mais d’un génocide : c’est le cœur même du problème. ». Établissant un parallèle entre la négation du génocide arménien et celle de l’identité kurde en Turquie, la déclaration accusait la campagne pour le pardon de contourner le mot « génocide » tout comme les intellectuels turcs avaient longtemps adopté sans y réfléchir la terminologie d’État pour désigner les Kurdes au lieu d’utiliser le mot « Kurde ». Mais si depuis la fin des années 1990 aucun intellectuel ou universitaire turc n’a plus de difficulté à employer le terme « Kurde » dans ses écrits, en revanche, jusque récemment et souvent encore aujourd’hui, la plupart de ces intellectuels et universitaires ont évité ou refusé d’employer le terme de « Génocide arménien ». Or, comme le montre cette déclaration d’intellectuels kurdes, ce genre d’incohérence et de stratagème politique apparaît au grand jour lorsque les analystes de la négation du Génocide arménien prennent aussi en compte la négation des Kurdes et ne cloisonnent pas chronologiquement ces deux problèmes. Ce qui est en jeu ici n’est pas qu’une question de terminologie mais de positionnement des intellectuels et de la société civile à l’égard des demandes de justice et de restitution.

Une autre initiative souvent oubliée offrant une approche alternative aux pratiques de réconciliation pilotées par l’État est la restauration en 2009 de l’église Sourp Giragos de Diyarbakir. Ce projet mené conjointement par la municipalité kurde et le Patriarcat arménien contraste vivement avec celle organisée par l’État turc de l’église Akdamar en 2007, ainsi que le montre le comparatif suivant. Construite en 1515-18, l’église de Sourp Giragos était la plus grande église du Moyen-Orient jusqu’en 1915. Pendant le génocide, l’entière population chrétienne de Diyarbakir fut massacrée, déportée ou convertie de force à l’islam et ses lieux de culte détruits. Sous l’ère républicaine, et surtout à partir des années 1960, Diyarbakir devint le centre de l’activisme kurde et a souvent été qualifiée de capitale secrète du Kurdistan, effaçant ainsi le fait que presque la moitié de sa population était auparavant arménienne. Pourtant, en 2004, l’élection de deux activistes kurdes de longue date, Osman Baydemir et Abdullah Demirbas, respectivement aux mairies de Diyarbakir et de sa voisine Sur, initia une série de mesure au niveau local pour faire revivre le passé et la présence arménienne à Diyarbakir. En plus d’afficher la traduction arménienne de tous les noms de rue et des panneaux de bienvenue, ils ont lancé le projet de restauration de l’église de Sourp Giragos. En outre, ils ont rendu tous les titres de l’église, ainsi que ceux des autres propriétés qu’ils ont pu découvrir lors de la restauration comme ayant appartenu à des Arméniens, au Patriarcat arménien. En 2011, l’église fut rouverte par le maire de Diyarbakir, Osman Baydemir, et l’archevêque arménien Aram Atéchian.

Au contraire, la restauration par le gouvernement de l’église Akdamar, sur l’île d’Aghdamar du lac de Van, a suscité autant de controverses que d’opposition de la part des organisations arméniennes et des intellectuels arméniens, dont Hrant Dink. Dès la première annonce gouvernementale signifiant l’intention de restaurer une église arménienne, le premier ministre Erdoğan a présenté cette action comme un effort pour contrer les « prétentions internationales » l’instrumentalisant afin de maintenir la négation du génocide. En 2006, le ministre de la Culture, sous les auspices duquel la restauration a été effectuée, annonça que l’église serait rouverte le 24 avril 2007 – jour de commémoration international du Génocide arménien. En réponse à l’opposition des organisations arméniennes de l’étranger, le ministre proposa alors le 11 avril comme nouvelle date, ce qui dans le calendrier arménien ancien correspondait au 24 avril. L’insistance de la part du gouvernement turc à faire de la rénovation de l’église une vitrine détournant l’attention de la reconnaissance du génocide conduisit le journaliste arménien Hrant Dink à décrire le processus de restauration comme une « farce ». En janvier 2007, Dink fut assassiné par des nationalistes turcs après avoir été pris pour cible par les médias turcs pour d’autres raisons que le projet de l’église, mais l’ouverture de l’église fut néanmoins repoussée à septembre 2007. Et quand elle fut finalement inaugurée, elle rouvrit non pas comme église mais comme un musée autorisant la célébration d’une messe une fois par an. Le nom originel de l’église, Sourp Khatch (« Sainte-Croix » en arménien) fut changé en « Aktamar » («veine blanche » en turc), perpétuant ainsi la pratique de turquifier les noms arméniens. Aucun titre de propriété ou autre ne fut restitué au Patriarcat.

L’expression d’excuse individuelle de Berzan Boti par la restitution de terres ainsi que les actes de la municipalité de Diyarbakir ne donnent qu’un aperçu des efforts de réconciliation entrepris de leur propre initiative par les acteurs de la communauté kurde. Il va sans dire qu’ils ne représentent pas la position de tous les intellectuels et activistes kurdes ou de la société civile kurde. Le négationnisme kurde quant au rôle des Kurdes dans le génocide et ses implications sur le présent existe encore, surtout lorsqu’il est question de biens fonciers et de réparations. Pourtant, ils contribuent à exprimer ce qui manque aux débats favorisant le processus de réconciliation turco-arménien. La proximité du discours intellectuel turc et de l’histoire officielle est d’autant plus visible lorsqu’on la compare aux efforts de réconciliation des acteurs civils kurdes qui n’excluent aucune question de justice, de réparation ou de reconnaissance officielle du génocide. Étant donnée l’histoire récente des Kurdes, il n’est guère étonnant que leur discours ainsi que le contenu de leurs efforts de réconciliation soient guidés par des principes de justice. Leur transition de bourreaux à victimes (pour reprendre à l’inverse l’expression de Mahmood Mamdani) a non seulement ouvert des pistes d’introspection mais aussi associé la crédibilité de la quête de justice des Kurdes à leur capacité à la proposer également aux Arméniens et à d’autres victimes du génocide. On s’étonnera toutefois que les acteurs du processus de réconciliation, qu’ils soient turcs ou arméniens, de même que les observateurs, aient aussi peu pris en compte les pistes alternatives ouvertes par les efforts de réconciliation kurdes. J’ai exposé ici qu’une telle cécité est due au manque d’approche d’ensemble des points de vue actuels sur la réconciliation en Turquie. Marqué à la fois dans les débats intellectuels publics et le discours universitaire par la compartimentation et la dissociation de crimes d’État liés entre eux, cet effort de réconciliation demeure piégé par un double handicap d’affrontement et de déni. Et il est également piégé par un double aveuglement à l’égard des contraintes imposées par le présent sur les visions du passé et de l’avenir. 

 



Génocide arménien : reconnaissance et réparations

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